Back to another reality, retour de voyage à long terme

C’est donc réel, c’est arrivé, me revoilà dans le pays du camembert et des radars fixes. Le plus dur est fait, il ne me reste que le train à prendre et tu sais quoi? Ben c’était dur, non, pas de rentrer au pays mais de partir de la bas. Partir en voyage à long terme, dans un bled quel qu’il sois, c’est créer de liens, c’est avoir un quotidien qui s’installe et qui ne te pose pas de question et tu vas faire comme au pays, aller à la boulangerie (sauf que là, c’est au marché), apéro maison le vendredi soir, le samedi, sortie à droite à gauche. la semaine au boulot aussi d’autant plus que ce dernier été génial!

A la même manière que je l’ai fait avant de partir, voici un petit résumé de mon périple.

J-4, Bières, Tee-shirt et Adieux

La veille du départ: Forcement, cuitasse avec les potes au palais. Certains collègues sont venus, d’autres non, les amis étaient la et se sont bien concernés avant histoire de me faire pousser une petite larme, bande d’ingrats! J’ai eu des superbes cadeaux comme ces portes-verres de la part de Jenny, ces CDs, ce superbe tee-shirt Punk de la part de Kop et des tee-shirts à l’image même du blog et avec un portait aussi peu flatteur que réaliste de ton serviteur. Je te laisse juger.

Rock the world

Le design fait par ma nouvelle associée et super pote Magda. Participation collective, financière et intellectuelle concernant les divers graffitis qui orne ce dernier et on peut dire qu’ils ne se sont pas foutus de moi.

J-3 Adieux, Bus et Clim

<a href="http://www.youtube.com/watch?v=dcN89Xd2lPY?hl=en"><img src="https://i2.wp.com/www.rocktheworld.fr/wp-content/plugins/images/play-tub.png?w=678&#038;ssl=1" alt="Play" style="border:0px;" data-recalc-dims="1" /></a>

Le lendemain, doliprane et rangement du palace, préparation des sacs etc. Départ à vélo et direction la gare des bus. Ici, certains étaient présents juste histoire de me refaire chialer un petit coup mais haha, fourbes que je suis, ils n’ont presque rien vu. Départ, j’avais réservé mon siège dans un élan de pragmatisme absolu puisque je n’ai pas pris la classe VIP… (ici, pragmatisme rime avec plus de thune), Ben tu sais quoi, j’aurais été curieux de savoir ce dont il s’agissait en VIP parce qu’en classe bouseux c’était quand même pas degueu: c’est onze heures de bus, certes, et il te faut un minimum de confort vu que tu vas essayer de dormir mais a ce point? Ecran tactile (individuelle), hôtesse (collective), repas, casse croûte, re-repas, petit dej, collerette pour mieux dormir. Le matin vers 7 heures, les lumières s’allument et l’écran principal affiche des clips de musique aux chanteuses aux voix douces et suaves histoire de te mettre de bonne humeur. Plus qu’une compagnie de bus, un concept innovant, une expérience de vie. J’ai dû dormir deux heures car malgré la veste et la couverture, comme d’hab, la clim essaye de plonger ton corps en état d’hibernation, sûrement que c’est ça la classe VIP, une clim qui s’accorde avec les besoins naturelles de l’homme.

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J-2 Vélo, Oubli et Fatigue

J’arrive à Bangkok à 8 heures, je descends ma monture du bus et me dis que je rejoindrai l’aéroport à vélo, j’ai le temps, il fait beau et pas encore trop chaud. Seulement voilà, le bus te lâche au beau milieu de Bangkok et l’aéroport est un peu plus exclu à droite, bref ça parait pas trop loin en fait comme ça a vu de pif sur la carte mais si en fait, fichtre! T’es dans une capitale mon gros. Bref, il m’a fallu une quarantaine de kilomètres pour arriver a destination sous un soleil qui n’avait rien de compatissant autant pour moi que mes futurs compagnons de banquettes qui devront supporter l’odeur de bouc mariné dans la sueur qui émanera de ma personne. Il fait chaud, les routes sont bondées, ça à tout d’une capitale. Les gens sont souriants et l’effet vélo – sacoches et tout le barda déclenche des « Hello! » et des « Courage! » depuis scooter et passagers à l’arrière de pick-up. J’arrive à l’aéroport. Je suis naze.

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Je pars avec la compagnie Jet Airway, compagnie indienne et il me faut mettre le vélo dans la soute. Suivant les conseils que j’ai pu récolter ici et là, il faut démonter les pédales, enlever la roue avant et la scotcher au cadre, mettre la fourche à 90°, dégonfler les pneus mais pas trop histoire de protéger la roue d’éventuels chocs. J’ai imprimé un truc juste avant qui fait que je passe avant l’heure de l’enregistrement des bagages (Classe ultime). Tout baigne jusque la à part qu’une housse aurait été mieux. Mon vélo part en soute. Joie.  Internet est gratuit pendant 2 heures et je me pose par terre tel le sans-abris car j’ai trouvé une prise électrique au sol et aussi parce-que c’est en parfait adéquation avec mon odeur. J’embarque de justesse car je n’ai pas vu l’heure, selon la personne qui m’a fait courir tout en me gueulant dessus, une minute de plus et c’était tant pis pour moi. Peu avant, je flânais dans les duty-free voir s’il y avait des paquets de clopes à l’unité histoire de claquer mes derniers baths.

From the sky

Le vol se passe bien, il y a un Marvel qui passe sur l’écran principal et le temps passe aussi rapidement qu’il en a probablement fallu pour écrire le script.

J-1 Frites, Retards et Beaufs

Arrivé à l’aéroport de Mumbai où j’ai ma correspondance deux heures plus tard. Je fais la queue pour la présentation du passeport, le mec me dit « Ha ok! Correspondance pour Air France, vas porte 72 et parle au serveur du Indian Cofee ». heu….ok…WTF? Je me pointe là bas. On m’offre un repas…gratis comme ça… en fait c’est parce que l’avion aura 3 heures de retard. Chez Air France, on s’excuse avec des frites congelées. Je resterai donc coincé là-bas 5 heures sans pouvoir dormir à cause des bruits que crache l’interphone a chaque atterrissage et décollage. L’avion arrive enfin. Ce dernier est presque vide. Je m’installe, deux places pour moi seul. L’avion décolle. 9 heures de trajet.. J’arrive sur le sol français, il y a du brouillard, il fait froid. A l’immigration, mon premier vrai contact avec un Français:

« – He ben y en a beaucoup du Français qui vient d’Inde. »

« – C’est aussi la correspondance pour Bangkok »

« – HaHa! Bangkok c’est bien aussi mais pas pour la même chose! »

Rire gras des deux officiers dans leur cabine.  Sûrement qu’il faisait allusion à la bouffe…

Welcome Back.

Je vais récupérer mes bagages, je flippe un peu pour le vélo mais non, il arrive au numéro 36, hors gabarit et en bon état. Je remonte le tout dans l’aéroport en une petite vingtaine de minutes et pars en direction de la gare ou il me faut attendre 3 heures. J’ai faim et il me faut un café…Triste réalité, le sandwich autant que son prix laisse un goût amer. la machine a café sert des doses du quart de celle que j’avais quelques heures auparavant. Il n’y a pas de prises vacantes fonctionnelles car il y a de l’électricité payante dans certains coins de la gare. Bref, Back to reality. Seul point positif, je suis content de ressentir ce froid vigoureux caractéristique de la période actuelle. Le soleil est radieux et le schéma n’est pas aussi déprimant que je l’aurais imaginé.

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En attendant mon TGV, il y a des bornes pour recharger son téléphone via pédalage.

Mon train arrive. Voiture huit avec emplacement pour vélo. Je galère pour le fixer au râtelier, sûrement à cause du guidon, je démonte une roue.

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Le trajet se déroulera dans l’ennui absolu. trop fatiguer pour lire, trop excité pour dormir. Arrivé à 10 minutes de bordeaux, j’ai le nez collé a la vitre, je redécouvre les lieux, le pont Chaban Delmas pointe le bout de son nez, je vois les quais, radieux, comme à leur habitude et le sentiment quelque peu chauvin se réinstalle progressivement. Je sort de train, monte sur le vélo et rentre à la maison ou je retrouve la chaleur que me procurera ma famille et les bouteilles de vin rouge.

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Peace.

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