Immersion dans West Point – Liberia

Je me réveille, les nuages sont sombres, l’éclairage faible et on se croirait en train de faire un mauvais rêve. J’en fait d’ailleurs la remarque à mon collègue qui me réponds en souriant « True man, that’s crazy! ». Il fait presque froid, ce qui est rare ici. On arrive au boulot, j’ouvre mon ordinateur avec comme toujours le même rituel: Mail, réseaux sociaux et news. Cette dernière page nous apprendra qu’un jeune homme de 17 ans à été retrouvé mort en plein cœur de Monrovia. Ebola est de retour au Liberia, en espérant qu’il n’y fasse qu’une halte.

Promenade en ville

Voici une compilation de ce que West Point peut être lorsque tu te promène la bas, de jour, vers 3 ou 4 heure. Toujours, comme je suis sympa, tu trouveras juste dessous un son d’ambiance capturé dans West Point.

C’est la fin de journée pour moi. Je sort de l’école et me dirige vers la droite;  je fais attention aux parasols qui protègent les divers travailleurs de la rue, on vend du mais grillé, des cartes téléphoniques, des fringues, des boissons, des avocats et parfois, plus rarement, des mangues, certaines femmes se font poser des extensions capillaires.  C’est le quotidien commercial d’une après-midi à Monrovia. Le matin, c’est une autre histoire, on trouvera des cireurs de chaussures débordés, un petit peu partout ainsi que des vendeurs de pains sucrés que l’on mange accompagné de mayonnaise. C’est le petit déjeuner qu’on donne à l’école aussi et c’est pas ce qui a de plus alléchant, on trempe ça dans du « Tea » mais ce thé est en fait du chocolat au lait. Je prend la première à gauche, dans cette rue qui descends ou tout le monde vends ce qu’il peut. Certaines personnes m’interpellent pour me demander si je n’ai pas besoin d’une ceinture, d’un tee-shirt ou même d’une paire d’essuie glace. Je suis en bas de cette rue très animée au croisement de la rue « Mechlin Street » et de la « Water Street ». Cette dernière porte bien son nom car lorsqu’il a plu, même un peu, on a les pieds recouverts de flotte. Je suis content d’avoir mes tongs. De nombreuses personnes travaillent avec des brouettes pour acheminer leurs produits.

Je prends à gauche, le marché bat toujours son plein. J’arrive à l’entré de West Point. Une rue qui devient plus calme en apparence. En effet, West point, c’est peu de vendeurs de rue et pas mal d’échoppes. Je m’enfonce dans la rue principale tout en passant devant la LEC « Liberian Electricity Compagnie », coupable de tant de coupures de courant parcequ’on ne leurs donne probablement pas les moyens de faire ce qu’il faut. De nombreux kéké (tuktuk) se faufilent dans les deux sens. Parfois, un 4×4 passe, il n’a pas d’autres choix que d’avancer à très faible allure si il ne veut pas percuter quelqu’un. La dernière fois que j’ai pris ce genre de Véhicule à West Point, j’ai vu une femme morte sur le bord de la route, allongé sous la pluie, une foule hurlant à quelques mètres de là. C’est apparemment commun ici. Le « dental shop » sur ma droite propose de te confectionner des dents en or, pose inclue. Je continue à avancer ça sent le boeuf grillé et sur ma droite, une petite échoppe qui est en fait une sorte de bars ou les gens sont assis par terre dans cette petite rue d’à peine un mètre de large. On peut y boire du « gana gana », un alcool de sucre de canne fermenté avec une graine dont j’ignore la provenance. C’est un alcool fort contrairement à son prix ridicule. C’est la boisson de l’homme qui n’a pas de quoi se payer une bière. On continue dans les méandres de West Point. On croise de nombreux enfants, nourrissons, seuls, assis au milieu d’étroits corridors ombragés car le soleil ne passe pas ici.

La plage est proche. Sur ma gauche on fait sécher le poisson auxquelles on a préalablement mis la queue dans la bouche afin d’optimiser la place dans les séchoirs. J’arrive à la « poo beach ». C’est ici que les gens font leurs besoins et j’ai jamais vu autant de personnes à l’oeuvre en si peu de temps. Ça pue, il y a des détritus partout et le terrain est miné de toutes les teintes et les formes que l’homme est capable de dejecter. Si on se retourne, ce sont les bateaux de pécheurs qui se présentent à nous. Les gens défont leurs filets, les enfants jouent dans la rivière.

C’est la saison des pluies et heureusement; je n’ose pas imaginer l’odeur et l’état de la plage en été. Des gens m’interpellent, je peux enfin parler français car il y a beaucoup de Malien, de Sierra Leonnais et d’ivoiriens. Certains demandent de l’argent, d’autres veulent juste te parler. La plupart des gens ont le sourire et sont aimables.

West Point?

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Il y a près de 100.000 habitants dans cette petite péninsule. On y retrouve beaucoup d’ex enfants soldats. On les remarques par leurs membres amputés ou encore leurs visages torturé par le passé. Ebola à considérablement décimé la population du bidonville qui c’est vue totalement mise en quarantaine. Ebola se transmet par le contact humain, peau contre peau. J’imagine la galère dans ces rues qui ne sont que d’étroits passages entre les habitations. Nous avons interviewé une habitante dans sa maison monopiece qui doit faire 20m². Elle nous raconte qu’ils sont une vingtaine à dormir entassés, un peu plus qu’avant car cette dernière à pris sous son aile certains enfants récemment orphelins. Les étudiantes de l’ONG pour laquelle je travaille ont, pour la moitié d’entre elles ( et pour ce que l’on sais uniquement) étaient victimes d’abus sexuelles et certaines se prostituent encore pour une maigre compensation correspondante a peine à un repas et de quoi se désaltérer, ou encore, au droit de dormir sous un toit.

Encore une fois, je travail pour More Than Me. Les programmes sont disponibles sur le site. Faites y donc un petit tour!

 

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