West Point et internet, Liberia, Troisième jour.

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Direction West Point.

Je me fait conduire à l’école dans l’optique cette fois d’être amené à West Point (West Point, c’est là), le Big bidonville du Liberia afin de me familiariser un peu avec cet endroit si dangereux parait-il. Je demande si quelqu’un peu m’y conduire.  On me répond « Oui, Emma (qui n’est pas son vrai nom) va t-y conduire».  Tient, ayant eu la présentation du staff hier, ce prénom m’était inconnu, un staff qu’on ne m’a pas présenté quoi! Tout à fait normal. En fait, Emma, 13 ans , est élève de l’école et va me conduire dans les méandres de West Point. J’ai cru comprendre qu’une voiture m’attendrait à la sortie une fois que j’aurais fait mes clichés. A, bon, d’accord ! Let’s go alors. Dernière recommandation d’un enseignant :

« Evite de sortir ton téléphone quand tu te promènes à West Point »

« Je n’en ai pas, quelqu’un me le débloque, mais pour l’appareil photo ? »

« Ca ? Pas de soucis, ils ne sauraient pas quoi en faire ni même ou le refourguer !»

Bon, d’accord, enfin à peu près, je crois.

Je fais la route à pied avec Emma. West Point est situé à 15 minutes de marche.  On discute, j’arrive a peu près a comprendre ce qu’on se dit ce qui est plutôt cool. On arrive dans le bidonville assez bondé. Au début, sur peut être 1km, une allée principale déborde d’étals et de marchandises en tous genres. On se faufile à travers les gens et nous arrivons au cœur de West Point, un dédale de couloirs extra muros qui permet de se faufiler entre les différentes habitations, véritable labyrinthe au couloirs étroits. Je suis complètement paumé mais j’ai une confiance aveugle et sincère envers mon enfant guide. La pauvreté et là mais je ne sens pas d’insécurité pour autant. Il y a de nombreuses couleurs,  beaucoup de regards croisent le miens et de chaleureux « hello! » fusent. Je réponds de même et garde mon optimisme malgré une flagrante précarité. Des habitations vétustes, des détritus qui jonchent le sol (sans pour autant être insalubre) et certaines personnes semblant être totalement déboussolés, le regard vide. On arrive à la maison d’Emma qui me présente sa famille. Emma habite dans ce qui semble être un bunker. Pas de fenêtre, pas d’électricité, une ouverture sans porte et des murs au parpaing gris. A peine ai-je le temps de porter mon appareil à mon œil qu’une ribambelle de gamins débarquent se joindre à elle. Bon ok, Pas de soucis ! Le but était la familiarisation avec West Point. Je déclenche. Une personne assez âgé de consistance louche reste hors du champ mais se met à frapper le bras d’un des enfants qui faisait le signe de la paix avec ses doigts. Pour monsieur, c’est à proscrire sur les photos! Les enfants lui porte une grande ignorance semblant vouloir dire  « Il est comme ça, on a pas le choix! »

Ok Emma j’ai fini, merci beaucoup, tu peux me remmener là où la voiture m’attends. On traverse de nombreux autres couloirs ainsi qu’une grande place qui mène à la plage. Nous arrivons enfin au lieu de rendez-vous. une grande rue surpeuplée.

« – Où est la voiture Emma ? »

« – Il faut que tu appelles, ils viendront te chercher dans West Point»

« – Mais je n’ai pas de téléphone Emma »

« – … »

« – … »

« – … »

« – Mmmh, peut-être peut-on prendre ce tuktuk ? »

« – Quoi ? »

« – Les tuktuk jaunes la »

« – Gogo, on dit gogo ici »

 

¼ d’heure après, on a finalement un tuktuk (oui je préfère tuktuk) et nous quittons West Point. On retraverse le bidonville par une artère principale et j’arrive à l’école. Je paye 20$Lib. et mandate une voiture pour ramener ma guide qui s’est finalement retrouvé au nombre de trois dès lors qu’on à quitter sa maison.

Je commence un peu à prendre des photos en dehors des heures de boulot. Ici, une de mes voisines. prochaine étape, West Point
Je commence un peu à prendre des photos en dehors des heures de boulot. Ici, une de mes voisines. Bientôt la ville et West Point?

Internet et Skype

Après ce périple à West Point, Je décide de tester cette clé USB qu’on m’a filé et qui fait office de modem pour me connecter avec mon ordinateur lorsque je ne suis pas au bureau. Elle ne fonctionne pas la ou j’habite ou alors, il faut que je monte sur le toit. En gros l’après-midi c’est soleil de plomb en mode hardcore et le soir, c’est moustiques a mort, et même si la plupart des expats ici te diront « La Malaria? Je l’ai déjà chopé trois fois… j’y penses même plus! » autant éviter de tenter le diable. Cette clé internet est magique car elle confirme certains aspects de notre comportement que l’on a à peu près tous vécu avec notre téléphone ou notre antenne de télé intérieur.  Tu sais le « attends bouge pas, je monte sur mon chiotte, je capte mieux »  et autres « vas-y déplace un peu a droite la, oui, VOILA BOUGES PAS ! ». Ben figure toi qu’ici j’ai un truc qui me permet de tester le signal de ma clé que je vois en temps réel.  C’est donc après quelques élans de contorsions binaires ainsi que d’exploration des plus improbables recoins de mon logis que j’en ai conclu que c’est sur mes genoux de trois quarts sur le canap coté fenêtre, ordi sur-élevé que ça marche le mieux (mais ça ne veut pas dire que ça marche bien pour autant. Peu importe, c’est déjà ça ! Liberia Style poto !). Bref, tout ce pavé juste pour dire que skype, c’est au bureau après le boulot uniquement.

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